
Il y a des recettes qui réveillent des souvenirs. La meringue, par exemple, c’est la pâtisserie des boulangers d’avant, celle qu’on achetait pour presque rien, immense, croustillante, sucrée à souhait.
Mais aujourd’hui, dans ma cuisine, on va lui donner du corps, de la texture, du caractère. Je vous propose une version parfaite et inattendue : la meringue aux pignons de pin.
Ici, pas de topping jeté par-dessus pour faire joli. Les pignons sont torréfiés, puis hachés et intégrés directement à la meringue, pour lui donner une structure fondante-croquante, une saveur beurrée et boisée, qui rappelle presque une dacquoise, mais en version ultra light.
Et pour les nostalgiques, cette bouchée vous fera peut-être penser à une certaine “tête de nègre” (qu’on appelle désormais plus justement meringue chocolatée), où les textures se superposaient. Ici, on garde cette idée d’un cœur moelleux sous une coque craquante, mais dans une version pure et brute.
La recette de la meringue au pignon

Meringues aux pignons
Ingrédients
- 4 (env. 120 g) Blancs d’œufs
- 240 g Sucre en poudre
- 1 pincée Sel
- 1 cuil. à café Jus de citron ou vinaigre blanc
- 60 g Pignons de pin
Instructions
- Préchauffez le four à 100°C (chaleur tournante).
- Faites torréfier les pignons dans une poêle sèche 3-4 min, puis laissez refroidir.
- Mixez les pignons refroidis en poudre grossière.
- Montez les blancs en neige avec sel et citron.
- Ajoutez le sucre progressivement tout en fouettant jusqu’à obtenir une meringue ferme.
- Incorporez délicatement les pignons mixés à la maryse.
- Dressez sur une plaque recouverte de papier cuisson.
- Cuisez 1h30, puis laissez refroidir porte entrouverte.
Notes
Questions fréquentes sur les meringues parfaites au pignon
La meringue aux pignons contient des pignons finement mixés, elle est plus dense, moelleuse, et se rapproche d’un macaron rustique.
Non, sinon ce n’est plus une meringue aux pignons. À la rigueur, utilisez des noix de cajou pour une texture proche, mais le goût changera.
Oui, mais il faut de l’huile de coude pour monter les blancs. C’est plus physique, mais faisable.
Les blancs étaient peut-être trop liquides ou trop montés, ou la pâte trop chaude. Montez-les souplement, et formez les tas à température ambiante.
Oui, une goutte de fleur d’oranger, un peu de zeste de citron ou d’amande amère fonctionnent très bien.
Dans une boîte hermétique, 3 à 4 jours. Elles se ramollissent vite à l’air.
Non, elle ne supporte pas la congélation. En revanche, les meringues cuites peuvent être congelées si bien emballées.
Oui, 100 % sans gluten, aucun ajout de farine.
Non, pour cette recette, on les mixe crus, pour garder leur gras naturel qui donne la texture à la meringue.
Elle est issue des traditions pâtissières méditerranéennes, avec des influences provençales, juives, corses et espagnoles.
D’où vient la meringue au pignon ?
La meringue est l’un des piliers historiques de la pâtisserie européenne. On la retrouve dès le XVIIe siècle, notamment en Suisse, en France et en Italie. Le principe est simple : blancs d’œufs + sucre, montés et cuits doucement.
Mais la meringue aux pignons, elle, puise ses racines dans le Sud de la France, où les pignons sont abondamment utilisés en pâtisserie et dans les desserts de tradition juive ou catalane. Ce petit fruit sec, doux et gras, sublime la meringue en lui apportant du croquant et une touche boisée.
Dans certaines régions, les meringues au pignon faisaient partie des gâteaux de fête, notamment pour les baptêmes, mariages ou Pâques.









